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    Statue - Duc de Be... Rotonde des Valois

    Qu’appelle-t-on un jardin d’inspiration médiévale ? Il s’agit premièrement d’un jardin dans lequel on ne cultive que des plantes qui poussaient en Europe au Moyen Age, la limite du Moyen Age étant entendue par le jardinier comme la découverte de l’Amérique à la fin du XVe siècle. Il est donc exclu d’y faire pousser tomates, pommes de terre, citrouilles ou toutes autres plantes ayant été importées d’Amérique ou de contrées méconnues de l’Europe médiévale. En second lieu, c’est un jardin auquel on essaie de donner les caractéristiques des jardins médiévaux, à savoir : - un espace clos, pour prévenir les dégâts des animaux sauvages ou domestiques et pour évoquer l’hortus conclusus de la Vierge Marie, un jardin clos symbolique faisant référence au Cantique des cantiques de la Bible. - un espace dans lequel les parterres sont géométriques et symétriques, pour évoquer l’ordonnancement du monde créé par Dieu - un espace dans lequel ces parterres sont surélevés, la terre étant maintenue à l’aide de branchages tressés appelés plessis, ce qui rend le travail moins fatigant et élève les plantes vers Dieu. On y trouve aussi généralement un point d’eau.

    Qu’est-ce qui poussait dans un potager au Moyen Age ? Les plantes cultivées au Moyen Age au potager peuvent être réparties entre : - les potherbes ou herbes à pot dont on consommait les parties aériennes mises à cuire longtemps dans des pots (choux, bettes, arroches, oseille…) - les raves et bulbes dont on consommait les racines ou les parties souterraines (navets, oignons, chervis, radis…) - les légumineuses cultivées pour leurs graines contenues dans des gousses (fèves, pois chiche, lentilles, pois…) - les cucurbitacées, au nombre de 3 seulement dans l’Europe médiévale : le melon, le concombre/cornichon et la gourde, comestible, lorsqu’elle est jeune et qui peut servir de contenant quand elle est arrivée à maturité (gourde du pèlerin). - enfin, les plantes aromatiques et condimentaires qui servaient à aromatiser ou relever les plats (sarriette, menthe, carvi, hysope, moutarde, sauge…)

    Qu’appelle-t-on le jardin des simples ? Le jardin des simples est le jardin des plantes médicinales. Les simples étaient les remèdes fabriqués à partir d’une seule plante par opposition aux préparations magistrales dans lesquelles entraient plusieurs principes actifs. L’essentiel de la médecine au Moyen Age reposait sur les simples et, par métonymie, on a fini par appeler « simples » pas uniquement les remèdes, mais les plantes médicinales elles-mêmes, d’où le fait qu’on parle souvent de jardin de simples pour désigner le jardin destiné à soigner.

    Comment mangeait-on les fruits et légumes au Moyen Age ? La plupart du temps les fruits et légumes sont consommés cuits au Moyen Age, les fruits sous forme de compotes, pâtes de fruits, confitures, etc. et les légumes mis à cuire longtemps dans des pots de terre ou de fer sous forme de potées. On ajoute souvent à ces potées de feuilles et de raves une poignée de légumineuses (fèves, pois, lentilles, pois chiche) pour leur donner plus de consistance. Les légumineuses présentent l’avantage de se conserver séchées et donc de constituer une réserve de nourriture en hiver ou pendant les périodes de disettes. Il était également fréquent d’améliorer les potées de légumes en leur ajoutant des morceaux de lards. Quand les légumes et fruits n’étaient pas consommés cuits, on les mangeait en général en début de repas car on pensait qu’ils avaient besoin de plus de temps pour être digérés. Notre habitude de consommer le melon en entrée en est une survivance.

    Pourquoi les moines du Moyen Age sont-ils à l’origine de l’horticulture ? Déjà parce qu’ils cherchaient autant que possible à subvenir eux-mêmes à leurs besoins alimentaires et, étant donné les nombreux jours de jeûne chrétiens et les restrictions alimentaires dus à leur statut de religieux (limitation de la consommation de viande qui échauffe les sens par exemple), les légumes constituaient la base de leur alimentation. Donc non seulement leurs potagers étaient conséquents, mais en plus ils cherchèrent à améliorer la qualité des légumes et à les diversifier pour éviter la monotonie des plats. Ensuite parce que, dès les premiers siècles chrétiens, les moines se sont donné pour rôle le soin aux malades, ce qui les a amenés à cultiver des plantes médicinales, à en étudier les propriétés, les modes de culture et à s’échanger des informations voire des semis. Enfin, parce qu’ils ont pu appuyer leurs recherches sur les savoirs antiques car c’est au sein de leurs bibliothèques qu’avaient été conservés les écrits des Anciens comme Pline, Galien ou Hippocrate.

    Quel est cet ensemble de bâtiments ? Ces bâtiments datent du XIXe siècle. Celui-ci abritent un dépôt lapidaire, c’est-à-dire un espace constitué d’éléments issus des restaurations de la basilique. Il avait au temps des architectes François Debret et Viollet-le-Duc à peu près la même fonction. La partie droite abrite depuis 2012 les bureaux de l’administration du Centre des monuments nationaux de la basilique.

    Plan Basilique

    Qu’est-ce qu’un jardin de plaisance au Moyen Age ? C’est un jardin uniquement conçu pour le plaisir des sens. On y fait pousser des fleurs dont la beauté attire l’œil paresseux alors que d’autres sont cultivées pour leur pouvoir odoriférant qui réveille les narines. Les textures plus moins duveteuses, lisses ou brillantes des feuilles sont une tentation pour la main et les fruits ne sont pas absents pour éveiller les papilles. Enfin on les agrémente de fontaines ou d’oiseaux en cages pour satisfaire l’ouïe. Ils étaient souvent hérissés de structures en bois : palissades, treillages, tonnelles qui créaient de véritables chambres de verdure. Ce type de jardin était le privilège des seigneurs et deviendra le cadre idéal du roman d’amour courtois.

    De quand date le jardin d’inspiration médiévale ? L’espace où se trouve le jardin d’inspiration médiéval se trouve en partie à l’emplacement des jardins du Grand Prieur de l’abbaye de Saint-Denis, non loin de l’infirmerie médiévale d’ailleurs. Ces espaces formaient dans les années 1950 un jardin à la française dont la statue de Pierre de Montreuil est un vestige. C’est en 1999 que la basilique de Saint-Denis/Centre des monuments nationaux a créé un jardin pédagogique dans le but de permettre à des élèves d’y travailler ponctuellement. C’est l’équipe du GRETA d’horticulture du lycée Suger de Saint-Denis, sous la direction d’Eric Bexon, qui a installé le jardin d’inspiration médiéval. Depuis 2002, une collaboration active entre la basilique de Saint-Denis et le collège de Geyter de Saint-Denis permet à de jeunes élèves issus de différents collèges du département de réaliser des opérations simples de jardinage (binage, plantation, semis, nettoyage, etc…) sous le contrôle de leurs professeurs et de jardiniers. Plusieurs opérations artistiques ou artisanales sont aussi associées à ce jardin régulièrement.

    Plan Basilique