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    Facade - place Victor Hugo

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      Plan 3D Facade - Portail pr... Narthex - Chapelle ...

      En quoi la façade de Saint-Denis est-elle nouvelle en 1140 ? La façade de l’abbatiale de Saint-Denis, construite sous la direction de l’abbé Suger à partir de 1130, achevée et consacrée le 11 juin 1140, est inscrite dans son temps, en cela qu’elle reprend les modèles anglo-normands comme par exemple la façade de l’Abbaye-aux-Hommes de Caen construite près de 50 ans auparavant, mais elle propose des innovations qui feront date : une rose de grande dimension (avec ses niches latérales où alternent pierres blanches et pierres noires de Tournai, sans doute une influence italienne), deux tours dressées en retrait de la façade, (dont l’une a été démontée en 1847), un triple portail (et ses vingt statues colonnes détruites par les moines en 1770) et une iconographie riche, originale, complexe qui se développe sur les trois portails, la façade étant toute dédiée à la Trinité. La rose d’une dimension exceptionnelle, qui annonce celle des grandes cathédrales gothiques à venir, et les statues colonnes sont sans doute les innovations majeures et emblématiques de cette façade qui l’inscrive dans ce que l’on a appelé la sculpture du premier gothique ! La façade de l’abbatiale de Saint-Denis, construite sous la direction de l’abbé Suger à partir de 1130, achevée et consacrée le 11 juin 1140, est inscrite dans son temps, en cela qu’elle reprend les modèles anglo-normands comme par exemple la façade de l’Abbaye-aux-Hommes de Caen, construite près de 50 ans auparavant, mais elle propose des innovations qui feront date : une rose de grande dimension (avec ses niches latérales où alternent pierres blanches et pierres noires de Tournai, sans doute une influence italienne), deux tours dressées en retrait de la façade, (dont l’une a été démontée en 1846), un triple portail (et ses 20 statues colonnes détruites par les moines en 1770) et une iconographie riche, originale, complexe qui se développe sur les trois portails, la façade étant toute dédiée à la Trinité. La rose d’une dimension exceptionnelle à cette date et les statues colonnes sont sans doute les innovations majeures et emblématiques de cette façade qui l’inscrive dans ce que l’on a appelé la sculpture du premier gothique  !

      Pourquoi une façade dédiée à la Trinité Père-Fils-Esprit Saint ? La référence à la Trinité est très forte sur la façade : il y a 3 portails, 3 étages, des niches décoratives regroupés par trois, et sur le portail central on trouve la première représentation connue de la Trinité ! Selon les textes anciens, Denis et ses compagnons sont morts en professant leur foi, non pas en Dieu, mais en la Trinité. Cette question était essentielle dans le corpus dionysiens, face à la doctrine de l’arianisme, qui contestait ce dogme. De plus l’articulation entre le Trois et l’Un en Dieu, est une question très complexe, qui a été âprement débattue au début du XIIe siècle. Bernard de Clairvaux, qui critiqua Suger pour son développement du luxe dans l’abbaye, obtint la condamnation en 1131 du fameux érudit Abélard, accusé de « penchant trithéiste », qui fut moine à St Denis et chassé en 1122. La façade de Saint-Denis exprime ainsi la réflexion théologique et les combats de l’époque !

      Que représente le portail Nord de la basilique ? Le portail Nord, sur la gauche de la façade, est difficile à interpréter car le tympan, la partie en demi-cercle, date du XIXe siècle et on ne sait ce qui y était figuré au XIIe siècle. Deux hypothèses existent : soit s'y trouvait la même représentation qu’actuellement, à savoir le jugement et l’enchaînement des troissaints avant leurs martyrs, soit on y trouvait la représentation d’un des premiers couronnements de la Vierge. Ce qui est certain c’est qu’il s’agissait d’une mosaïque, car Suger le précise lui-même dans ses textes, en indiquant qu’il s’agit d’une nouveauté contraire à l’usage en ces lieux ! La mosaïque, qui reflète la lumière, a pu être interprétée comme le signe de l’intérêt extrême de Suger pour l’idée théologique de la Lumière, qui fut aussi une source du développement de l’architecture gothique dans l’abbaye. Certains ont pu aussi voir dans cette mosaïque l’expression de la subordination juridique de l’abbaye, qui était placée sous le protectorat de Rome où la majorité des églises étaient ornées de mosaïques. Sur les piédroits du portail, les signes du zodiaque représentent le cours symbolique de l’année solaire, mais il en manque bizarrement quatre qui se trouvait peut-être à la base du tympan ancien !

      Depuis quand une horloge est-elle installée dans la rose de la façade de la basilique ? Bien qu'une horloge médiévale était déjà présente sur la façade au XIVe siècle, peut-être la même que celle du grand clocher cité en 1534, on sait qu’elle fut installée dans la rose de la façade ouest dès 1625. En effet, le grand historien de l’abbaye Jacques Doublet, décrit ses aiguilles terminées par une fleur de lys et une couronne. Elle est détériorée à la Révolution et remplacée en 1806. Mais les dionysiens se plaignent de son irrégularité. C’est Bernard-Henri Wagner, horloger et mécanicien du roi, qui va créer une horloge, nous dit-il, moderne et digne du lieu où elle doit être placée. Cet objet d’une grande perfection, présenté à l’exposition des produits de l’industrie de 1834, est toujours en place. L’horloge a été réparée lors de la grande restauration de la façade en 2015 sous la direction de Jacques Moulin, ACMH. Ce dernier a aussi fait replacer le dispositif dessiné par l’architecte François Debret au milieu du XIXe siècle, à savoir des chiffres gothiques peints sur des panneaux en lave émaillée bleue placés dans les réseaux de pierre de la rose, et des aiguilles en forme de dragon dont la langue indique les heures et la queue les minutes.

      Facade portail-droi... Massif occidental -...

      Que représentent les portails de la façade Ouest de la basilique ? Le sens des représentations figurées est très complexe sur ce portail et il n’a peut-être pas encore livré tous ses secrets. On peut y voir un parallèle, comme dans de nombreux portails médiévaux, entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. L’Ancienne Loi était incarnée par vingt statues colonnes qui encadraient les trois portails. Elles ont été détruites par les moines en 1770, mais six têtes ont été retrouvées, dont celles magnifiques de la reine de Saba et de Moïse, conservées au musée Cluny à Paris. Ces statues colonnes représentaient des ancêtres royaux du Christ, selon l’interprétation du texte de Saint Matthieu, des patriarches et des Prophètes de la Bible. Suger y voyait sans doute aussi les rois et les reines de France, qui étaient d’ailleurs sacrés, oints d’huile sainte, comme l’étaient les ancêtres royaux du Christ, les rois d’Israël du Xe siècle avant notre ère. Le Nouveau Testament est représenté sur le tympan : c’est le Jugement dernier, la seconde venue du Christ à la fin des temps, que l’on appelle aussi la Parousie. Il est relié au texte de Saint Matthieu, mais aussi aux Visions du prophète Ezéchiel et de l’Apocalypse. Le portail Sud, à droite, montre la dernière communion de saint Denis et celui du Nord, à gauche, représente actuellement l’arrestation de saint Denis et de ses deux compagnons de martyr. Mais nous ne savons pas ce qui y fut représenté au XIIe siècle.

      Tous les bâtiments de cette dimension et de cette importance sont régulièrement entretenus et restaurés parfois suite à des événements tragiques. La première mention d'un événement douloureux, qui concerne cette façade médiévale construite de 1120 à 1140, date de septembre 1219. En effet, la foudre tomba à cette date sur la flèche Nord, et un chroniqueur Guillaume Le Breton nous raconte que "le coq doré et sa boule d'or tombèrent du sommet de la tour jusqu'au sol et s'ensuivit un incendie qui consuma la pierre et le bois pendant deux jours". En 1771, nous avons connaissance d’une importante restauration qui vit les moines faire ravaler les parements et remplacer les pierres les plus dégradées. Mais ce qui est sans doute le plus étonnant pour nous, c'est que les religieux demandèrent, je cite, que "les grandes figures des trois portes du portail seront supprimées et enlevées de dessus les colonnes qui les portent; lesquelles colonnes seuls seront conservées". Deux têtes de ces extraordinaires statues, celle de Moïse et de la reine de Saba, sont aujourd'hui conservées au musée Cluny à Paris. Ces représentations médiévales n'étaient sans doute plus dans le goût de l'époque. La Révolution détruira sans doute aussi certaines têtes des tympans, mais nous n'avons pas de mentions précises. De 1837 à 1845, la foudre et des tempêtes entraînent le démontage par Viollet-le-Duc en 1846 de la tour nord. Mais auparavant une grande restauration de la façade a lieu de 1837 à 1839 sous la direction du premier grand restaurateur de la basilique François Debret. Elle consiste en la réparation de la flèche nord, au nettoyage et au ravalement des parements, mais aussi, ce qui peut nous interpeller aujourd'hui, à l’ajout de plusieurs éléments sur la façade : décorations diverses, sculptures sur les tympans et ce qui fut le plus critiqué, l’ajout de 8 rois sous les créneaux de la façade. Le choix de ces souverains fut dicté par la volonté d'inscrire le bâtiment dans une histoire nationale, puisqu'en effet, trois de ces rois, Clovis, Charlemagne et Louis VII ne furent pas inhumés dans la basilique ! Pour Debret, il s'agissait aussi de rappeler les fameuses galeries royales des façades médiévales, notamment celle de Notre-Dame de Poitiers à laquelle l'architecte fait explicitement référence. Debret indique même qu'il n'a pas voulu restituer les statues colonnes médiévales à leur ancien emplacement car il indique que juste après la Révolution de 1830 et dans une banlieue populaire elles auraient pu être dégradées ! La grande restauration de 2012 à 2015 a été réalisée par la DRAC d'Ile de France sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Jacques Moulin qui s'est entouré d'un large comité scientifique. Le concept général de ces travaux a été de retrouver le dernier état connu de la façade, c'est-à dire celui de 1839, et pour ce faire de s'appuyer sur l'immense et précise documentation mise en place par François Debret lors des travaux qu'il mena. La basilique a pu ainsi retrouver une façade magnifique : nettoyage de la couche de suie noire qui masquait les sculptures, redécouverte des exceptionnels portails du XIIe siècle, beaucoup mieux conservés que l'on ne l'imaginait, inscriptions et rose redorées, horloge remise en fonctionnement et dépose des fameux rois de François Debret présentés au public dans une chapelle nord de la basilique, vous pouvez d'ailleurs aller les admirer dans cette visite virtuelle. Sur la façade, des moulages de ces huit rois Clovis, Dagobert, Pépin de Bref, Charlemagne, Hugues Capet, Louis VI et Louis VII, ont été mis en place ainsi que la restitution à l'identique peintes en rouge des inscriptions de leurs noms en latin. Ces travaux complexes ont donné lieu à l'édition d'un ouvrage de la revue Beaux-Arts et vous pouvez en savoir plus en regardant un reportage sur la restauration ici.

      Quand la basilique a-t-elle perdu sa tour et sa flèche Nord ? La tour et la flèche de la basilique, qui culminait à environ 90 mètres de hauteur, ont été démontées par le célèbre architecte restaurateur Viollet-le-Duc en 1847. Cet ouvrage exceptionnel a été le point le plus élevé de toute l'Ile de France jusqu'à la construction du dôme des Invalides au début du XVIIIe siècle ! Construite sans doute à la fin du XIIe siècle, la flèche subit un premier incendie en 1219, puis la foudre la frappa durement de nouveau le 9 juin 1837. Elle fut restaurée par l'architecte François Debret, mais de violentes tornades en 1843 et 1845 eurent raison de sa stabilité. Debret fut accusé d'avoir mal travaillé et c'est ainsi qu'il fut remplacé par le jeune et ambitieux Viollet-le-Duc. Ce dernier commença à démonter l'ouvrage dès 1846 jusqu'à la base de la tour en le justifiant par la présence de désordres importants dans les maçonneries. Quoi que fut la réalité de ses dires, il ambitionnait de remodeler entièrement la façade de la basilique, en la dotant notamment de deux flèches symétrique et en positionnant différemment les différents niveaux prétextant que l'architecte du XIIe siècle n'avait pas été assez habile pour y parvenir. Il n'est pas nécessaire de regretter qu'il n'ait pu mettre son projet à exécution. Pour en savoir plus sur la flèche et sur l'histoire de la basilique une interview de Jacques Moulin ACMH ci-dessous :

      L' extension de l'hôtel de Ville d'Henri Gaudin. L'architecte Henri Gaudin a construit en 1993 ce bâtiment juste au pied de la cathédrale, chef d'oeuvre médiéval. Henri Gaudin est un amoureux de l'art gothique. Il présente sur la façade de sa construction des bandes verticales avec des surfaces vitrées importantes, des travées, qui rappellent les travées de l'art gothique. Afin d'harmoniser son monument avec la basilique les surfaces en béton ont été agrafées avec de la pierre et le toit est en cuivre comme celui de la basilique.

      Massif occidental -... Clocher terrasse-ou...